Chaire de géopolitique

La chaire de géopolitique de Rennes School of Business a été créée en novembre 2019. Son ambition est de mettre la culture au service de l’action, au travers de formations hybrides et d’expertises mises au service de l’action économique.

Mission de la chaire

La culture au service de l’action

À l’heure actuelle, la spécialisation technique à l’infini, née de la révolution industrielle, touche ses limites. Il sera par conséquent très difficile pour un jeune cadre d’aborder les défis de demain sans combiner une expertise technique avec une ouverture au monde. La haute technologie sans la culture ferait de lui l’esclave mécanique des process dont il ignore la finalité, et une culture sans aucune forme d’expertise technique, un rêveur incapable d’insuffler l’initiative créatrice. C’est la raison pour laquelle la finalité de la chaire de géopolitique a été fixée dans les termes suivants : éclairer les hommes d’action de demain sur les aspects politiques et culturels des affaires afin d’optimiser leur action.

La fondation d’une chaire dédiée aux humanités au sein d’une école de commerce ne tient pas au hasard des conjectures, elle témoigne de la vitalité d’une école se caractérisant par sa très forte cohésion, son esprit d’aventure, sa force créatrice et surtout son investissement sur l’homme.

Dr Thomas FLICHY de La NEUVILLE, Rennes School of BusinessTitulaire de la chaire, ancien élève en persan de l’Institut National des Langues et Cultures Orientales, Thomas Flichy de La Neuville est agrégé d’histoire et docteur en droit. Après avoir été Professeur à l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux, à l’École Navale puis à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, il a été nommé titulaire de la chaire de géopolitique de Rennes School of Business. Habilité à diriger des recherches, il encadre des doctorants désireux d’effectuer des recherches de très haut niveau. Les thèses peuvent être codirigées avec l’Université d’Oxford.

Contact & Informationthomas.flichy-de-la-neuville@rennes-sb.com

Axes de recherche

1 – Prospective géopolitique et action économique

Une entreprise doit aujourd’hui disposer d’outils fiables afin de pouvoir anticiper la situation économique des pays au sein desquels elle souhaite investir. Pour ce faire, il lui appartient de combiner des indicateurs mathématiques avec les signaux faibles d’ordre culturels et politiques accessibles aux chercheurs en géopolitique. La chaire perfectionne actuellement une méthodologie hybride permettant aux acteurs économiques de minimiser les risques tout en donnant à leurs cadres une vision globale des interactions géoéconomiques.

2 – Dématérialisation et nouvelles frontières

La dématérialisation des communications comme des flux financiers modifie en profondeur l’espace géoéconomique. La géopolitique de la finance demeure incompréhensible si elle ne fait pas l’objet d’une cartographie. Celle-ci fait apparaître les nœuds principaux que sont les banques centrales ou bien les satellites interconnectés que forment les zones franches. Or la conquête de cet espace fait l’objet de luttes sourdes entre les États qui se disputent l’hégémon.

3 – Accélération technologique et résurgence des identités

La connexion du monde par la haute technologie va de pair avec la résurgence des identités îliennes. Telle fut la caractéristique de la première Renaissance au cours de laquelle le perfectionnement de la technologie navale et financière ouvrit les portes d’une première mondialisation. Celle-ci s’accompagna de la naissance des États-Nations. Nous entrons actuellement dans une seconde Renaissance, riches en potentialités obtenues par la connexion illimitée d’individus très variés entre eux, mais également porteuse d’un péril, celui de l’émergence d’îles géoculturelles imperméables les unes aux autres.

4 – Géopolitique et puissance créatrice

La géopolitique ne se contente pas de se pencher sur l’exercice de la puissance à travers l’espace, elle scrute également la façon dont se comporte ses acteurs. Or la caractéristique principale des élites vivantes est leur force créatrice, irriguée par les arts. L’inspiration créatrice, qui permet d’exercer un pouvoir durable, explique l’imprévisibilité de certains dirigeants internationaux. Il serait donc parfaitement vain de prétendre sonder des phénomènes géopolitiques tels que la séduction, le renversement, la dissimulation ou l’influence sans se pencher sur la façon dont l’opéra, la peinture ou le théâtre ont pu représenter ces phénomènes. Les véritables acteurs de la géopolitique sont en effet bien conscients que les arts représentent la forme la plus aboutie d’intelligence.

Formation

Conformément à son identité Unframed, la chaire propose une pédagogie de rupture combinant mise en abyme civilisationnelle et haute technologie, intuitions culturelles et rationalité algorithmique. Les étudiants du Programme Grande École intéressés peuvent rejoindre le track « Géopolitique et relations internationales ».

 

Chercheurs associés à la chaire

Olivier Chantriaux

Issu de la khâgne classique du Lycée Henri IV, Olivier Chantriaux s’est spécialisé dans l’histoire des relations internationales et les questions de défense. Il a notamment fréquenté le séminaire d’histoire des relations internationales de l’Institut d’études politiques de Paris et le séminaire d’histoire nord-américaine de l’Université de Paris-I – Panthéon-Sorbonne.
Diplômé de la Sorbonne et de l’Institut d’études politiques de Bordeaux, Olivier Chantriaux est l’auteur de contributions, d’articles et d’ouvrages tendant à éclairer l’évolution des relations internationales, dont :

  • De Gaulle et la diplomatie par l’image, où il analyse le processus par lequel le général de Gaulle a fait de la télévision en couleur le premier dossier de sa politique de détente avec la Russie soviétique ;
  • Le Basculement océanique, où, plaidant en faveur d’une plus grande extraversion maritime de notre pays, il cherche à caractériser la place que les principales puissances font à la mer dans leurs géopolitiques respectives ;
  • La Guerre et la Paix vues de Rome, où il présente et met en perspective les initiatives diplomatiques du Saint-Siège en faveur de la paix pendant et après la Première Guerre mondiale.

Il a reçu le prix de la Fondation Charles-de-Gaulle en 2005 et une mention au prix d’encouragement de l’Institut national de l’audiovisuel en 2011. Ses travaux actuels portent en particulier sur l’évolution de la politique étrangère des États-Unis d’Amérique depuis 1945 et la variation des représentations qui en sont le support théorique.

 

Thomas Dumont

Avocat au Barreau de Paris, Docteur en Droit
Géopolitique et droit;
Géopolitique des Outre-mers

Avocat inscrit au barreau de Paris depuis 1998, Thomas Dumont a soutenu sa thèse en droit en 1995 au sein de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne sur les effets des accords de l’OMC sur la politique agricole commune de l’Union européenne, tant à l’intérieur de l’Union que dans ses relations avec les pays tiers et en particulier les pays dit ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), étudiant ainsi les interactions entre accord de libre-échange au niveau mondial et politique de coopération inter-régionales.

Diplômé de l’Institut de droit public des affaires, son activité professionnelle porte essentiellement sur l’action publique économique (aménagement & urbanisme, contrats & marchés publics, droit public de la concurrence, valorisation du domaine public) au profit d’institutionnels, publics ou privés.

Il intervient également en droit de l’environnement, où il s’est fait connaître au travers du procès dit de l’Erika, l’une des dernières grandes catastrophes écologiques, en contribuant à la définition du préjudice du même nom.

Depuis une quinzaine d’années il a par ailleurs acquis une très bonne connaissance de l’Outre-Mer, du Pacifique à l’Océan Indien en passant par les Antilles-Guyane où se trouve plus de la moitié de sa clientèle institutionnelle, lui ayant fait acquérir une maîtrise des enjeux géopolitiques de ces territoires.

Cette appétence pour les questions de géopolitiques, parfois liées à la conflictualité, lui a permis de saisir les occasions de pouvoir se rendre en Bosnie, en Iran, en Irak, en Afrique du Sud, au Sénégal ou encore en Mauritanie ou au Japon.

Il est enfin à ce jour chargé de cours à l’Université Catholique de l’Ouest à Angers après avoir assuré depuis dix ans des charges d’enseignement en Universités publiques.

 

Grégor Mathias

Docteur en histoire, Gregor Mathias est spécialiste de la contre-insurrection pendant la guerre d’Algérie. Chercheur en géopolitique, il a travaillé sur les aspects culturels et sociaux des zones de conflits de l’armée française (bande sahélo-saharienne, Centrafrique, Syrie et Irak) et a mené des études de prospective sur les conflits à venir.
Il a été professeur en relations internationales à l’École des sous-officiers d’active (ENSOA), puis chercheur associé aux écoles de Saint Cyr-Coëtquidan (consultant du groupe Synopsis-CREC) pour les questions de sécurité et de défense en Afrique, ainsi que sur le terrorisme. Il a été chercheur associé au Centre Roland Mousnier à l’université Paris IV-Sorbonne.

Ses principales publications sont :

  • La France ciblée. Terrorisme et contre-terrorisme en France métropolitaine, Vendémiaire, Paris, 2017, 201 p.
  • La guerre française contre le terrorisme islamiste. De l’opération Serval aux attentats de Paris et Bruxelles, éditions B. Giovanangeli, Paris, éd. revue et augmentée, 2016, 223 p.
  • La guerre française contre le terrorisme islamiste. Des confins du Sahara à nos banlieues, éditions B. Giovanangeli, Paris, 2015, 174 p. Prix Anteios-Axyntis 2016 du meilleur livre de géopolitique de Grenoble.
  • Avec Flichy de La Neuville Thomas, 2030, le monde que la CIA n’imagine pas, éditions B. Giovanangeli, Paris, 2015, 207 p.
    Traduction allemande : 2030 : Neue geopolitik und die Welt von morgen, Vergangenheitsverlag, Berlin, 2016, 204 p.
  • Les guerres africaines de François Hollande, L’aube, La Tour d’Aigues, 2014, 251 p.
  • David Galula in Algeria, Counterinsurgency, Practice versus Theory, Praeger Security International-ABC Clio, Santa Barbara, 2011, 143 p.

 

Gaël Moullec

Docteur en Histoire, Gaël-Georges Moullec est chargé de cours à Rennes School of Business et à l’université Paris-13. Il est spécialiste du mouvement communiste international, de l’histoire de l’URSS-Russie et de ses services de renseignement.
Actuellement Conseiller Russie-Eurasie à l’Académie des sciences – Institut de France, il a été maître de conférences à l’IEP-Paris et Visiting Assistant in Research à l’université de Yale.

Ses principales publications sont :

  • La Russie à l’Académie des sciences : 300e anniversaire de la visite en France de Pierre le Grand, membre de l’Académie royale des sciences, Hermann, Paris, 2017, 241p. (en collaboration avec Tatiana Zazerskaia)
  • Pour une Europe de l’Atlantique à l’Oural – Les relations franco-soviétiques 1956-1974, Éditions de Paris, janvier 2016, 160 p.
  • From the Atlantic to the Urals» – Soviet-French relations (1956–1973), Foundation “Democratia”, Moscow, 2015, 625p. (in Russian)
    Dimitrov. Journal 1933-1949, Belin, Paris, 2006, 1505p.
  • Le KGB dans les Pays Baltes, Belin, Paris, 2005, 236 p. (en collaboration avec David Wolff)

Partenaires

Partenaires universitaires

Entreprises partenaires

Publications - Décryptages géopolitiques

Publications de Gregor Mathias

  • Coordination et contributions à HANNE Olivier (dir.) Mali, une paix à gagner. Analyses et témoignages sur l’opération Serval, Lavauzelle, 2014, 154 p.
  • « A l’écoute des communautés du Mali », entretiens exclusifs avec des représentants des communautés du Nord-Mali réalisés par C.D et G. Mathias, p. 113-125, Annexe IV, « Entretien avec Ambéry Ag Rhissa, porte-parole du MNLA de Kidal », p. 211-212, Annexe V « Le scénario du pire : l’ensablement au Mali », p. 213-218
  • Avec MEZIN-BOURGNINAUD Véronique, FLICHY de La NEUVILLE Thomas,  Centrafricaine, pourquoi la guerre ?, Lavauzelle, Panazol, 2014, 102 p.
  • Contribution à FLICHY Thomas (dir.) Opération Serval au Mali. L’intervention française décryptée, Lavauzelle, Panazol, 2013, 123 p.
  • Chap. 3 « La troisième révolte touarègue au Mali » p. 40-47. Coauteur avec le capitaine J. PÂRIS, « L’utilisation du terrain par les insurgés du sahélistan : analyse du tryptique géographique », p. 67-72. Annexe IV « Le scénario du pire : l’ensablement au Mali », p. 103-109.
  • MATHIAS Gregor, Les Vampires à la fin de la guerre d’Algérie, mythe ou réalité ?, Michalon, Paris, 2014, 187 p.
  • MATHIAS Gregor, David Galula. Combattant, espion et maître à penser de la guerre contre-révolutionnaire, Economica, Paris 2012, 190 p.
  • Traduction anglaise : David Galula in Algeria, Counterinsurgency, Practice versus Theory, Praeger Security International-ABC Clio, Santa Barbara, 2011, 143 p.
  • MATHIAS Gregor, Les sections administratives spécialisées en Algérie, entre idéal et réalité, L’Harmattan, 1998, 256 p.
  • Traduction arabe : Les Sections administratives spécialisées (SAS) en Algérie entre idéal et réalité, éditions Saihi, Alger-Kouba, 2013, 327 p.

Ses articles récents en histoire et en géopolitique :

  • « Les redécouvertes américaine et française du stratège atypique David Galula », Site de la revue Conflits, octobre 2019,
  • « Retour sur la politique migratoire d’Angela Merkel de 2015, entre naïveté politique et insécurité », Sécurité Globale, n°20, 2019/4, pp. 3-18.
  • Préface à VÉTILLARD Roger, La dimension religieuse de la guerre d’Algérie (1954-1962). Prémices et conséquences, Éditions AtlantiS, 2018, p. 185.
  • http://editionatlantis.de/wordpress/wp-content/uploads/publinks/Roger-V%C3%A9tillard-La-dimension-Pr%C3%A9face-de-Gregor-Mathias.pdf
  • « La Libye prise en étau entre la guerre et les luttes d’influence régionale », Diplomatie, décembre 2017-janvier 2018, pp. 58-59.
  • « Une étrange concordance des temps : les attentats en métropole du FLN et de l’État Islamique (1957-2017) », Sécurité Globale, n°10, 2017/2,  pp. 175-179.
  • « La politique de pacification des officiers SAS pendant la guerre d’Algérie », Mondes et cultures, Bulletin de l’Académie des sciences d’Outre-mer, n°77, janvier 2017, pp. 258-263.
  • « France, opération récentes, enjeux futurs », « Pouvait-on anticiper les nouvelles menaces dans la bande sahélo-saharienne au moment du déclenchement de l’opération Serval ? Retour sur une prospective parue en mars 2013 », Site géopolitique Res Militaris, hors-série, décembre 2016.
  • « Faut-il avoir peur de la politique étrangère de D. Trump ? », le Plus de L’Obs, 10 novembre 2016.
  • Avec FLICHY de La NEUVILLE Thomas et HANNE Olivier, « USA, le jour d’après », », le Plus de L’Obs, 8 novembre 2016.
  • Avec FLICHY de La NEUVILLE Thomas et HANNE Olivier, « Élection américaine : la géopolitique évoluera-t-elle sous le signe de Mercure ou de Mars ? », Figarovox, 25 octobre 2016.
  • Avec FLICHY de La Neuville, « Le monde de 2030, nous surprendra : ce que la CIA n’imagine pas », p. 52-56, Diplomatie, « les grands dossiers n°28 », août-septembre 2015.
  • « Quelles solutions à la crise libyenne ? », 28 mars 2015, Site géopolitique de la Vigie

 

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