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Ecole -Un laboratoire cartographique à Rennes School of Business

Un laboratoire cartographique à Rennes School of Business

Rennes SB dispose désormais d’un laboratoire cartographique, une nouvelle production de la Chaire de géopolitique. Voici la première carte produite par ses étudiants du PGE.

Coronavirus : les pays africains signataires d’une protestation contre les sanctions américaines

Neuf pays africains se sont joints à 17 autres nations pour demander la fin des sanctions occidentales qui, selon eux, entravent la capacité de leurs gouvernements à lutter contre le coronavirus.

La carte* présente fait apparaître en rouge les neuf pays signataires d’une protestation à l’encontre des sanctions économiques américaines en Afrique. Ces restrictions commerciales n’auraient pas fait l’objet d’assouplissements, car visant les pays non-alignés des États-Unis. Ces neufs pays africains sont effectivement liés d’une façon ou d’une autre au Nouvel Empire Mongol, cet axe stratégique continental rassemblant la Chine, l’Iran et la Russie tout en associant la Turquie de façon souple.

En Afrique australe, trois pays se dégagent

En Afrique australe, trois pays se dégagent : l’Angola, jadis théâtre d’un affrontement entre les mercenaires cubains pilotés par Moscou et leurs opposants occidentaux. Dimitri Medvedev s’est rendu en Angola et en Namibie en 2006, annulant 29 milliards de dollars de dette africaine.
L’Angola est courtisé par le Brésil lusophone qui souhaiterait se substituer à l’ancienne puissance coloniale portugaise, il l’est surtout par la Chine : en 2014, 50% du commerce Chine-Afrique se faisait avec deux pays, l’Afrique du Sud et l’Angola.
Le Mozambique, de son côté, avait été inclus, dans les années 1990 dans une plan stratégique américain visant à remodeler l’Afrique Australe. Mais vingt ans plus tard, c’est la Chine qui s’est implantée dans ses mines d’uranium.
Au Zimbabwe voisin, les sociétés minières russes Nordgold et Rusal exploitent les mines d’or et de platine. Quant aux entreprises occidentales, qui voudraient bénéficier de ce riche marché, elles sont durement punies. En avril 2019, la banque anglaise Standard Chartered Bank fut sanctionnée à hauteur de 657 millions de dollars pour avoir contourné entre 2009 et 2014 des sanctions américaines sur le Zimbabwe. L’entreprise américaine Apollo Fintech travaille néanmoins discrètement avec ce pays afin de mettre en place une monnaie digitale appuyée sur l’or.

Chine et Russie, deux acteurs essentiels

Plus au nord, le Burundi, également signataire de la protestation, a bénéficié d’une annulation de sa dette par la Chine. Le Cameroun, autre non-aligné, est étroitement lié à la Chine : le montant des produits importés par le Cameroun depuis la Chine s’élevait à plus d’un milliard de dollars en 2016.

Quant à la Guinée équatoriale voisine, elle a signé en 2015 un accord avec la Russie prévoyant le ravitaillement des navires de guerre russes dans les ports équato-guinéens, ainsi qu’une entrée simplifiée pour ces navires. Dans l’autre Guinée, également signataire, la Chine fait main basse sur la bauxite : la première compagnie minière est dirigée par un Français mais encadrée et cofinancée par des Chinois. Les Russes sont également actifs dans ce pays, apportant un soutien politique sans faille à la révision constitutionnelle souhaitée par le Président Alpha Condé.

Déterritorialisation de la géopolitique

Dans la partie orientale du continent africain enfin, l’Érythrée a longtemps été proche de Téhéran, qui utilisait ce pays comme plate-forme de transit pour ses exportations d’armes vers le Yémen et Gaza. Moscou construit actuellement une base logistique dans ce pays.

Quant au Soudan, il est lié à la Turquie, qui a obtenu en 2017 la gestion pour 99 ans du port de Suakin. Le 28 septembre 2020, la Chine annonçait qu’elle offrait 300 000 dollars d’aide humanitaire d’urgence au Soudan. Les non-alignés africains, même s’ils coopèrent avec des puissances amies souffrent toutefois d’une faiblesse géopolitique majeure : ces îles ne sont reliées entre elles qu’autour du Soudan et de l’Angola. Cette faiblesse est actuellement amoindrie par la déterritorialisation de la géopolitique. Cette dernière a connu une translation partielle dans l’espace numérique, à la faveur de la pandémie.

*Carte : Laurie Pavanello,
Programme Grande École 1