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Femmes dans les conseils d’administration : un impact mesurable sur le climat

Le changement climatique constitue l’un des défis majeurs de notre époque et les entreprises jouent un rôle central dans la réduction ou l’aggravation des émissions de gaz à effet de serre (GES). Une étude publiée en 2026 dans l’International Journal of Finance & Economics examine l’influence de la diversité de genre au sein des conseils d’administration sur les émissions de GES des entreprises.

L’objectif de la recherche est clair : comprendre si la présence de femmes administratrices contribue à réduire les émissions directes et indirectes des entreprises. Les conseils d’administration étant responsables des grandes orientations stratégiques, leur composition peut influencer les décisions liées aux politiques environnementales et aux stratégies climatiques.

Une étude internationale sur près de 2 800 entreprises

Les chercheurs Ammar Ali Gull, Tanveer Ahsan, Sabri Boubaker et Fabiana Roberto ont analysé un échantillon mondial de 2 758 entreprises réparties dans 36 pays, sur la période 2002-2019. L’étude prend en compte les émissions totales de gaz à effet de serre, mais aussi les émissions directes et indirectes.

Les résultats montrent que la présence de femmes au conseil d’administration est associée à une réduction significative des émissions de GES, qu’elles soient directes ou indirectes.

 

L’importance d’une masse critique de femmes administratrices

L’étude met également en évidence un effet de masse critique. La présence d’une seule femme administratrice ne produit pas d’effet significatif sur les émissions. En revanche, la présence d’au moins deux femmes au conseil d’administration entraîne une baisse notable des émissions de gaz à effet de serre.

Autre résultat clé : ce sont surtout les femmes administratrices indépendantes qui contribuent à l’amélioration des performances environnementales, plutôt que les dirigeantes exécutives. Leur rôle de supervision et de contrôle semble renforcer la prise en compte des enjeux climatiques dans les décisions stratégiques.

Enfin, l’effet positif de la diversité de genre s’intensifie après l’introduction de lois sur les quotas de genre, suggérant que ces politiques publiques peuvent améliorer l’efficacité des conseils d’administration en matière de gouvernance environnementale.

Un apport pour la recherche, l’enseignement et les entreprises

Cette recherche constitue une base solide pour l’enseignement en finance durable, gouvernance d’entreprise et éthique des affaires. Elle permet notamment d’illustrer comment la composition d’un conseil d’administration peut influencer les stratégies environnementales et la performance climatique des entreprises.

Pour les entreprises, les résultats soulignent que la diversité de genre au sein des conseils renforce la supervision, l’éthique et la performance en matière de durabilité. Ainsi, les entreprises disposant de davantage de femmes administratrices indépendantes parviennent à mieux réduire leurs émissions et à aligner les objectifs environnementaux avec les incitations des dirigeants.

Un levier pour l’égalité et l’action climatique

Au-delà du monde économique, cette recherche contribue aux objectifs de développement durable des Nations unies, en particulier l’ODD 5 (égalité entre les sexes) et l’ODD 13 (lutte contre le changement climatique).

Elle montre que la promotion de la diversité de genre dans les conseils d’administration peut constituer un levier concret pour renforcer la responsabilité environnementale des entreprises et encourager des pratiques plus durables dans les secteurs à fort impact climatique.