Passer les menus de navigation
Logo Acorn

Santé du dirigeant : pourquoi le stress devient le premier frein à la performance

Lors d’un récent webinaire organisé par API, en partenariat avec Rennes School of Business et Cerfrance, un constat s’est imposé avec une clarté inattendue : la santé du dirigeant n’est plus un sujet périphérique, mais un facteur central de performance. À partir d’une enquête menée auprès de plus de 3 700 dirigeants bretons, les intervenants ont mis en lumière une réalité souvent implicite mais rarement adressée frontalement : le stress, la surcharge et le manque de temps constituent aujourd’hui les principaux freins à une direction efficace et durable.

Une réalité qui dépasse les enjeux techniques

L’enquête avait initialement pour objectif d’identifier les besoins en formation des dirigeants de TPE et PME. Pourtant, les résultats ont rapidement déplacé le centre de gravité du sujet. Si les problématiques de stratégie, de gestion financière ou de ressources humaines restent présentes, elles ne constituent pas le cœur du problème.
Ce qui ressort massivement, c’est un déséquilibre plus profond : 70 % des dirigeants déclarent ressentir les effets du stress au quotidien, au point d’en faire un frein direct à leur capacité de décision et d’action .

Ce chiffre ne traduit pas seulement une difficulté passagère. Il révèle une tension structurelle dans l’exercice même du leadership, particulièrement dans les petites structures où le dirigeant cumule plusieurs rôles. Cette multiplicité des responsabilités, combinée à un environnement économique incertain, crée une pression continue difficile à absorber.

Le paradoxe du dirigeant : lucidité sans transformation

Un des enseignements les plus marquants de l’étude tient dans ce paradoxe : les dirigeants identifient leurs enjeux, mais ne parviennent pas à dégager le temps ou l’espace mental pour y répondre.

Ils savent qu’ils doivent adapter leur stratégie, structurer leur organisation ou revoir leurs priorités. Pourtant, la surcharge cognitive et émotionnelle les empêche d’engager ces transformations. Le manque de temps devient alors à la fois une cause et une conséquence du problème.Ce mécanisme crée un cercle vicieux : plus la pression augmente, moins la capacité d’action est disponible et plus le stress s’intensifie.

La santé, angle mort du leadership

Longtemps, la performance managériale a été abordée sous un angle exclusivement cognitif ou stratégique. Or, comme l’a rappelé Kevin Caillot, spécialiste en physiologie et performance, cette vision est incomplète.

Le stress n’est pas uniquement un phénomène psychologique. Il s’inscrit dans une réponse biologique globale. Lorsqu’il est mal régulé, il dégrade progressivement les capacités physiques et cognitives : qualité du sommeil, endurance mentale, clarté décisionnelle. À l’inverse, bien géré, le stress peut devenir un levier de progression. Le parallèle avec le sport de haut niveau est éclairant : ce n’est pas l’absence de stress qui permet la performance, mais sa gestion équilibrée, associée à des phases de récupération.

C’est précisément cette dimension qui manque aujourd’hui dans la plupart des pratiques managériales.

 

De la prise de conscience à la transformation

Face à ce constat, une approche nouvelle émerge : intégrer la santé comme composante structurante du leadership.

Le programme Leader-Fit développé conjointement par Rennes School of Business, Cerfrance et des experts scientifiques s’inscrit dans cette logique. Il ne s’agit pas d’ajouter une couche de bien-être superficiel, mais de repenser la performance dans sa globalité.

Cette approche repose sur plusieurs leviers complémentaires :

  • un diagnostic approfondi de la santé physique et mentale
  • une compréhension des mécanismes biologiques du stress
  • l’apprentissage de méthodes issues du sport de haut niveau
  • la mise en place de routines durables de récupération et de gestion de l’énergie

L’objectif est clair : passer d’une performance subie à une performance maîtrisée et durable.

Repenser la performance dans la durée

Ce changement de perspective implique une évolution profonde du rôle du dirigeant. Il ne s’agit plus seulement de piloter une organisation, mais de piloter son propre niveau d’énergie et celui de ses équipes.

Dans un contexte de “polycrise”, où les sollicitations sont multiples et constantes, cette capacité devient un avantage compétitif majeur. La performance ne peut plus être envisagée comme un état permanent. Elle doit être pensée comme un cycle, alternant intensité et récupération.